Un troupeau de petits ruminants traverse l'année avec six maladies qui reviennent : les strongles, la coccidiose, les poux et la gale, la toux, l'amaigrissement parasitaire et le piétin.

Elles expliquent l'essentiel de ce qu'un éleveur rencontre. Et elles ont un point commun : elles se gèrent par la conduite avant de se traiter.

Chèvre et mouton se ressemblent beaucoup vues de l'extérieur, parce que les maladies des petits ruminants partagent l'essentiel de leurs symptômes. Cette page traite les deux espèces ensemble et sépare quand il le faut.

Une bête qui traîne en queue de troupeau, une laine qui part par plaques, des crottes qui n'ont plus leur aspect habituel : quand quelque chose cloche, on le sent bien avant de savoir le nommer.

Les maladies graves existent — entérotoxémie, toxémie de gestation, listériose, avortements infectieux — mais elles relèvent du vétérinaire. Cette page les nomme plus bas, sans prétendre y répondre.

Les six maladies du troupeau, en un coup d'œil

La maladie Ce que vous voyez Le guide Notre réponse
Strongles digestifs Muqueuses pâles, bête sans entrain, diarrhée, œdème sous la mâchoire Vermifuge chèvre et mouton Vermi Cap
Coccidiose Diarrhée des jeunes au sevrage, arrière-train souillé, retard de croissance Diarrhée chèvre et mouton Coxi Cap
Poux, gale, tiques Démangeaisons, laine qui tombe, animaux qui se frottent aux clôtures Poux, gale et tiques Capri Poux
Toux, troubles respiratoires Toux sèche ou grasse, écoulement nasal, respiration rapide Toux et troubles respiratoires Respi Cap
Amaigrissement Bête qui décroche du lot, état corporel qui baisse malgré la ration Chèvre ou mouton qui maigrit Vermi Cap
Piétin, boiteries Animal qui broute à genoux, boiterie, odeur caractéristique du pied Hygiène du bâtiment Crème Cicatrisante

1. Les strongles digestifs

Le premier poste de perte du petit ruminant, et celui qui décide de la marge.

Ce que vous voyez. Des muqueuses pâles — regardez la conjonctive, pas la gencive. Une bête sans entrain, qui reste en queue de troupeau. Une diarrhée. Parfois un œdème sous la mâchoire.

Sur Haemonchus contortus, le grand strongle hématophage, il n'y a pas forcément de diarrhée du tout. C'est une anémie, pas un trouble digestif.

Ce qu'il faut savoir. C'est le malentendu le plus répandu du métier : on cherche la diarrhée, et on laisse passer l'anémie.

Le cycle passe par l'herbe. Les larves montent sur les brins au petit matin et par temps humide, et l'animal les avale en pâturant ras.

C'est pour ça que la conduite du pâturage pèse plus lourd que le produit : faire tourner les parcelles, ne pas faire pâturer trop court, sortir les jeunes sur des parcelles saines.

Le mouton et la chèvre ne se gèrent d'ailleurs pas pareil. La chèvre métabolise plus vite, elle est chroniquement sous-dosée avec les protocoles ovins, et c'est exactement ce qui a fabriqué les résistances.

Notre réponse. Vermi Cap accompagne la gestion de la charge parasitaire en routine, sans délai d'attente sur le lait ni sur la viande.

Le détail — reconnaître les vers, ce que valent les plantes, doser selon l'espèce — est dans le guide vermifuge naturel chèvre et mouton.

2. La coccidiose

La maladie du sevrage, et la première cause de retard de croissance sur les jeunes.

Ce que vous voyez. Une diarrhée sur les chevreaux ou les agneaux, souvent juste après le sevrage ou un changement de lot. Un arrière-train souillé. Des jeunes qui stagnent pendant que les autres poussent.

Dans les formes sévères, une diarrhée noirâtre ou sanglante.

Ce qu'il faut savoir. Les coccidies sont présentes dans tous les élevages. Ce n'est pas leur présence qui fait la maladie, c'est la pression : densité, humidité, litière chargée, stress du sevrage.

Les oocystes résistent à la plupart des désinfectants ordinaires, et ils survivent des mois dans une litière humide.

Le moment de bascule est toujours le même : la période où l'immunité maternelle s'efface et où l'immunité propre n'est pas encore installée.

Une diarrhée d'adulte, en revanche, oriente rarement vers la coccidiose. Cherchez plutôt du côté de la ration ou des strongles.

Notre réponse. Coxi Cap s'emploie sur la période de sevrage, en accompagnement de la conduite.

Le guide : diarrhée de la chèvre et du mouton.

3. Les poux, la gale et les tiques

Ils ne tuent pas, mais ils coûtent — en état corporel, en laine, et en tranquillité.

Ce que vous voyez. Des animaux qui se frottent aux clôtures et aux cornadis. De la laine qui part par plaques. Une toison mitée. Des croûtes à la base des oreilles ou sur le chanfrein.

Chez la chèvre, un poil qui perd son lustre et se hérisse.

Ce qu'il faut savoir. Les poux mallophages, les plus fréquents, broutent les débris de peau et de laine. Ils explosent en hiver, quand les animaux sont rentrés et serrés.

La gale, elle, se complique et se creuse. Elle demande un diagnostic, parce qu'un raclage change la conduite.

Et le bâtiment compte autant que l'animal : un parasite externe se réinstalle depuis les murs, les cornadis et la litière.

Notre réponse. Capri Poux traite les poux mallophages, les puces et les tiques.

Traitez le lot entier, pas seulement les animaux qui grattent : ceux qui ne montrent rien portent déjà.

Le guide : poux, gale et tiques.

4. La toux et les troubles respiratoires

Le meilleur indicateur de la qualité de votre bâtiment, et le plus souvent mal lu.

Ce que vous voyez. Une toux sèche à la rentrée en bâtiment, ou grasse quand ça s'installe. Un écoulement nasal. Une respiration rapide au repos. Des animaux qui décrochent après un transport.

Ce qu'il faut savoir. Trois familles de causes se superposent, et il faut les distinguer.

L'ammoniac d'abord — une litière chargée irrite les voies respiratoires avant tout agent infectieux. Si ça pique au nez à hauteur d'animal, c'est déjà trop.

Les strongles pulmonaires ensuite, qui donnent une toux d'effort, surtout chez les jeunes au pâturage.

La pasteurellose enfin, qui frappe après un stress — transport, allotement, coup de froid — et qui, elle, relève du vétérinaire sans discussion.

Une toux qui touche un animal se surveille. Une toux qui touche un lot se traite comme un problème de bâtiment.

Notre réponse. Respi Cap accompagne le confort respiratoire sur les épisodes de toux et d'écoulement.

Mais corrigez la ventilation et la litière en même temps, sinon ça recommence à chaque rentrée.

Le guide : toux et troubles respiratoires.

5. L'amaigrissement et les carences

Le symptôme le plus flou du troupeau, et celui qui cache le plus de choses différentes.

Ce que vous voyez. Une bête qui décroche du lot. Un état corporel qui baisse malgré une ration correcte. Un poil ou une laine sans éclat.

Ce qu'il faut savoir. Il y a un ordre pour écarter les causes, et le respecter fait gagner des semaines.

Le parasitisme d'abord, parce que c'est la cause la plus fréquente et la plus facile à corriger.

La dentition ensuite — chez une bête âgée, des incisives usées ou manquantes suffisent à expliquer une perte d'état, et aucun traitement n'y changera rien.

Les carences minérales enfin, cuivre et sélénium en tête, très dépendantes du sol de la région.

Si les trois sont écartées et que la bête continue de maigrir, il faut penser aux maladies chroniques — paratuberculose en particulier — et appeler.

Notre réponse. Vermi Cap traite le premier suspect de la liste, celui qu'il faut écarter avant les autres.

Le guide, dans l'ordre où écarter : chèvre ou mouton qui maigrit.

6. Le piétin et les boiteries

La boiterie coûte double : l'animal souffre, et il ne va plus manger.

Ce que vous voyez. Un animal qui broute à genoux. Une boiterie franche. Une odeur caractéristique quand on relève le pied. Un espace entre les onglons rouge et macéré.

Ce qu'il faut savoir. Le piétin est une infection de l'espace interdigité, et l'humidité en est la condition. Il n'y a pas de piétin dans un bâtiment sec.

Il se transmet d'un animal à l'autre par le sol. Un seul boiteux non traité entretient tout le lot.

Le parage est le geste de base : retirer la corne décollée, ouvrir, laisser sécher. Un pédiluve ne remplace pas un parage, il le prolonge.

Sur les cas installés, sur un troupeau entier ou en cas d'échec du parage, l'avis vétérinaire s'impose.

Notre réponse. Crème Cicatrisante s'applique après parage, sur un pied nettoyé et paré.

L'autre moitié du travail est dans le bâtiment : terre de diatomée et hygiène du bâtiment.

Pourquoi le tout-chimique s'est retourné contre les éleveurs

Ce point mérite une section, parce qu'il explique la situation de beaucoup de troupeaux aujourd'hui.

Pendant trente ans, la règle a été de vermifuger tout le monde, à date fixe, sans diagnostic. C'était simple, c'était efficace, et ça a fonctionné.

Puis les strongles ont cessé de répondre. Les résistances aux principales familles de molécules sont aujourd'hui documentées partout en Europe, et sur Haemonchus contortus en particulier.

Deux mécanismes ont fabriqué ça. Traiter tout le troupeau, y compris les bêtes qui n'en avaient pas besoin, ne laisse aucune population de parasites non exposée.

Et sur la chèvre, le sous-dosage chronique a fait le reste : les protocoles étaient calés sur le mouton, alors que la chèvre élimine plus vite.

Résultat, des parasites exposés à des concentrations trop faibles — exactement les conditions qui font apparaître la résistance.

Rien de tout cela ne veut dire que le traitement chimique est inutile. Quand un troupeau décroche vraiment, c'est la bonne réponse, et il faut y aller.

Simplement, l'employer en routine et sans diagnostic a fini par l'user.

Les autres maladies : ce qui relève du vétérinaire

Celles-ci ne se traitent pas depuis la ferme, et aucun soin naturel n'y répond.

L'entérotoxémie. Foudroyante, souvent sans symptôme préalable. Elle frappe les animaux en bon état, après un changement brutal de ration. Le vaccin est la seule protection réelle.

La toxémie de gestation. Chez la brebis ou la chèvre portant plusieurs petits en fin de gestation. Baisse d'appétit, abattement, démarche incertaine. C'est un problème de conduite alimentaire avant d'être une maladie.

La paratuberculose. Amaigrissement progressif et diarrhée chronique chez l'adulte, sans fièvre, malgré un bon appétit. Incurable, et elle contamine le troupeau longtemps avant de se voir.

La listériose. Signes nerveux, tête penchée, tournis. Souvent liée à un ensilage mal conservé. Urgence vétérinaire.

Les avortements infectieux. Fièvre Q, chlamydiose, toxoplasmose. Plusieurs avortements dans un même troupeau imposent un diagnostic — et la fièvre Q se transmet à l'homme.

Les mammites. Mamelle chaude, dure, lait modifié. Le pronostic dépend de la vitesse de prise en charge.

L'ecthyma. Croûtes sur les lèvres et les mamelles, très contagieux, transmissible à l'homme. Bénin mais handicapant pour la tétée.

Rien n'est perdu, mais la méthode change

La bonne nouvelle, c'est que l'impasse parasitaire a une sortie, et qu'elle dépend largement de vous.

  • vermifuger moins souvent mais mieux, en visant les bêtes qui en ont besoin plutôt que le troupeau entier
  • faire tourner les parcelles pour casser le cycle des larves
  • garder un bâtiment sec, parce que l'humidité est le point commun du piétin, de la coccidiose et des ennuis respiratoires.

C'est sur ce terrain que Diatoveto travaille.

Nos formulations sont pensées espèce par espèce, justement parce qu'un caprin et un ovin ne réagissent pas de la même façon — cette différence longtemps négligée a coûté cher aux éleveurs de chèvres.

Et comme il s'agit de produits d'hygiène et de complémentation, ils n'imposent aucun délai d'attente sur le lait ni sur la viande.

Vous intervenez au moment où le problème se pose, pas trois semaines après le tarissement.

Soyons clairs sur ce que sont ces soins naturels : ils aident, ils soutiennent, ils accompagnent. Ils ne remplacent pas un vétérinaire sur une pathologie déclarée, et nous ne le prétendrons jamais.

Leur place est avant — dans tout ce qui fait qu'on a moins souvent besoin de l'appeler.

Découvrir la gamme chèvres et moutons.

Prévenir : trois réflexes qui évitent bien des ennuis

Le bâtiment sec. C'est le levier le plus rentable de tous. Piétin, coccidiose et troubles respiratoires ont l'humidité pour dénominateur commun.

Une litière paillée avant qu'elle ne colle, une ventilation qui évacue l'ammoniac sans souffler sur les animaux.

Le pâturage tournant. Casser le cycle des larves vaut mieux que le traiter. Sortir les jeunes sur les parcelles les plus saines, ne pas faire pâturer trop ras.

La quarantaine à l'achat. Toute bête qui entre porte quelque chose. Trois semaines à l'écart, traitement et observation, évitent d'importer des résistances ou une gale dans un troupeau sain.

Le calendrier complet, mois par mois : calendrier sanitaire du troupeau.

L'essentiel à retenir

  • Six maladies font l'essentiel de la vie d'un troupeau : strongles, coccidiose, poux et gale, toux, amaigrissement, piétin.
  • Sur les strongles, cherchez l'anémie avant la diarrhée. Haemonchus ne donne pas forcément de selles molles.
  • La coccidiose est une maladie du sevrage. C'est là qu'il faut être présent, pas après.
  • Une toux qui touche un lot est un problème de bâtiment avant d'être un problème d'animal.
  • Sur un amaigrissement, écartez dans l'ordre : parasites, dents, minéraux. Ensuite seulement, appelez.
  • Il n'y a pas de piétin dans un bâtiment sec.
  • Les résistances aux vermifuges chimiques viennent du traitement systématique et du sous-dosage de la chèvre. La méthode doit changer, pas seulement le produit.

Questions fréquentes :

Comment savoir si un mouton est malade ?

Les signes qu'un mouton est malade sont d'abord comportementaux : il reste en arrière du troupeau, il ne rumine plus, il garde la tête basse, il ne se lève pas à votre approche. Viennent ensuite les signes physiques — amaigrissement, laine terne ou qui se détache, muqueuses pâles, arrière-train souillé, respiration accélérée. Le comportement change toujours avant le corps.

Mon mouton est malade, que faire en premier ?

Isolez-le si vous le pouvez, dans un endroit sec avec de l'eau propre à disposition. Prenez sa température, regardez la couleur de sa paupière inférieure, palpez son état corporel et observez son flanc gauche. Ces quatre gestes prennent cinq minutes et déterminent si vous appelez le vétérinaire maintenant ou si vous pouvez observer 24 heures.

Quelle est la maladie la plus fréquente chez la chèvre ?

En petit élevage, la maladie de la chèvre la plus fréquente est d'origine parasitaire. Les strongles digestifs viennent en tête, suivis de la coccidiose chez les jeunes et des poux et de la gale en fin d'hiver. Viennent ensuite les troubles digestifs liés à l'alimentation et les affections respiratoires liées au bâtiment. Les maladies spectaculaires sont rares ; les maladies discrètes font les dégâts.

Pourquoi mes chèvres ont-elles plus de vers que mes moutons, sur le même pré ?

Parce que la chèvre est un brouteur contraint de tondre. Elle est faite pour manger en hauteur, et elle développe une immunité aux strongles bien plus faible que la brebis, qui pâture au sol depuis toujours. Sur une petite parcelle sans hauteur à brouter, une chèvre s'infeste plus vite et se défend moins bien qu'un mouton logé au même endroit. Donnez-lui des branchages et des râteliers surélevés : c'est le geste le plus rentable de l'élevage caprin.

Une chèvre naine se soigne-t-elle comme une chèvre de format standard ?

Oui pour la nature des maladies, non pour les marges de manœuvre. Une chèvre naine malade se déshydrate et se refroidit plus vite, et les posologies suivent le poids vif. Sa surveillance rapprochée, typique des petits effectifs, compense largement : la maladie y est souvent repérée plus tôt.

Articles similaires :

Tout afficher

Pododermatite : les maux de pattes du lapin

Pododermatite : les maux de pattes du lapin

Votre lapin a les dessous de pattes rouges, dégarnis, parfois croûteux. Il se déplace moins, s'assoit autrement, ou se tient sur les talons. C'est une pododermatite — appelée aussi mal de pattes. C'est l'une des affections les plus fréquentes du...

Plussur Pododermatite : les maux de pattes du lapin

Oxyures du lapin : les vers les plus fréquents

Oxyures du lapin : les vers les plus fréquents

Vous avez vu de petits filaments blancs dans les crottes de votre lapin, ou autour de son anus. Ils bougent, ils mesurent quelques millimètres, et la découverte est désagréable. Dans l'immense majorité des cas, il s'agit d'oxyures — le parasite...

Plussur Oxyures du lapin : les vers les plus fréquents

Stase digestive : le lapin qui ne fait plus de crottes

Stase digestive : le lapin qui ne fait plus de crottes

Un lapin qui ne fait plus de crottes est un lapin en danger de mort. Ce n'est pas une formule : c'est la première urgence vitale de l'espèce, et elle se compte en heures. Contrairement à la plupart des animaux,...

Plussur Stase digestive : le lapin qui ne fait plus de crottes